À propos
Qui je suis, et pourquoi ce travail.
Qui je suis
Je m'appelle Didier Descartes. J'ai fait toute ma carrière dans l'informatique, la photographie et l'histoire vivante restent un engagement personnel, pas une activité commerciale.
Cet intérêt vient de loin. Mon grand-père maternel était conducteur de train et membre de la résistance ; recherché par les autorités allemandes, il a dû fuir Liège avec sa famille, dont ma mère. Entre septembre 1989 et le 8 mai 1995, la télévision belge (RTBF) a diffusé « Jours de guerre », un magazine mensuel présenté par Jean-Jacques Jespers qui a retracé, jour après jour, les 2 194 jours de la guerre, événements militaires, résistance, occupation, vie quotidienne à travers plus de 700 témoignages. Cette émission, conjuguée aux récits familiaux, a nourri mon intérêt pour cette période et pour ce que les images d'époque permettent de comprendre des témoins qui les ont vécues.
C'est en 2008, lors de la commémoration de l'entrée de l'armée américaine en Belgique au hameau de Cendron, dans le village de Forge-Philippe près de Chimay, que j'ai commencé à photographier et à suivre les reconstitutions d'histoire vivante au même endroit, ou presque, où la 2ᵉ division d'infanterie américaine avait franchi la frontière belge le 2 septembre 1944.
Pourquoi l'argentique
Je n'ai pas choisi l'argentique par nostalgie. Je l'ai choisi parce qu'il m'oblige à ralentir : préparer chaque image avant de déclencher, puis développer et tirer moi-même chaque négatif en laboratoire. Ce rapport au temps rejoint directement ce que je photographie, une mémoire que des hommes et des femmes font vivre, avec la même exigence, chaque année, sur le terrain.
Un négatif argentique est aussi un objet physique, pas un fichier. Il peut être conservé, archivé, transmis à une institution des décennies après sa réalisation, exactement comme les objets et les témoignages que ces associations font vivre.
Une inspiration : Tony Vaccaro
Parmi les photographes qui nourrissent ce travail, un nom compte plus que les autres : Tony Vaccaro. Soldat américain débarqué en Normandie, il a documenté la libération de l'Europe avec un simple appareil Argus C3, développant parfois ses négatifs dans son casque, faute de mieux. Son travail rappelle qu'un témoignage photographique ne dépend pas de la sophistication du matériel, mais de la présence sur le terrain, au bon endroit, au bon moment, une conviction qui guide directement ma propre pratique.
Sur le terrain
Je travaille en argentique, sans rafale ni flash intrusif : je m'intègre aux reconstitutions et aux commémorations sans les perturber, et je prends le temps d'observer avant de photographier. Je me déplace en Wallonie, à Bruxelles, dans la moitié nord de la France et je recherche aujourd'hui à étendre ce travail aux sites de la Première Guerre mondiale.
Parcours
Autodidacte, je me suis formé sur le terrain, complété par une formation au studio Harcourt à Paris, vers 2010-2011, la maison de portrait connue depuis les années 1930 pour son travail sur la lumière et le noir et blanc.